DPE : quels impacts concrets sur les prix, les ventes et les locations ?
Le diagnostic de performance énergétique (DPE) joue désormais un rôle clé dans l’immobilier. Les données d’Impact DPE, la plateforme d’analyse de SeLoger, montrent à quel point ce critère transforme le marché : retrait progressif des passoires thermiques à la location, baisse des prix à la vente, délais plus longs… mais aussi un intérêt qui reste réel pour certains acheteurs attirés par des prix plus bas.
Plus de passoires thermiques en vente que sur le marché locatif
Depuis l’entrée en vigueur progressive de la loi, la part de logements F ou G proposés à la location diminue nettement, tandis que leur part à la vente augmente.
Beaucoup de propriétaires préfèrent vendre plutôt que d’assumer les travaux nécessaires pour continuer à louer.
Une décote importante à la vente
La note DPE a un impact direct sur les prix.
En moyenne, un logement classé F ou G perd 15 % de valeur, soit –452 €/m² par rapport à un bien classé D.
Ces biens offrent aussi une marge de négociation plus large : 5,9 %, contre 3 % pour un logement D.
Dans la majorité des départements, l’écart dépasse 20 %, et peut même franchir les 25 % dans de nombreuses zones rurales.
Depuis juillet 2021 (nouvelle méthode de calcul du DPE), les prix ont évolué de manière contrastée :
– classes A à D : +3,4 %,
– classe E : –0,6 %,
– classes F et G : –3,5 %.
Des ventes plus lentes
L’étiquette énergétique influence aussi les délais.
Au 1er janvier 2025 :
– logements A à E : 79 jours en moyenne sur le marché,
– logements F ou G : 84 jours.
Même s’ils se vendent plus lentement, les biens classés F et G attirent beaucoup de contacts :
– annonces G : +67 % de contacts par rapport à un bien classé D,
– annonces F : +32 %.
Leur prix plus accessible explique en grande partie cet intérêt.
Des effets marqués sur le marché locatif
L’application de la loi Climat & Résilience pousse les propriétaires à rénover ou à retirer leurs biens trop énergivores.
Les loyers varient clairement selon la classe DPE.
À Paris, au 1er janvier 2025 :
– un logement classé A se loue +3 €/m² de plus qu’un logement D,
– un logement G se loue –1,3 €/m² de moins.
L’offre locative évolue aussi fortement :
– depuis 2021, le nombre de logements classés F et G à louer a chuté de –64 %,
– les logements classés A à D ont reculé de –37 %.
Ce retrait s’explique par les interdictions de louer à venir… mais aussi par des rénovations engagées pour améliorer la classe DPE.
Une donnée devenue centrale
Pour SeLoger, le DPE est désormais un critère presque aussi déterminant que la surface ou la localisation.
Comme le souligne Baptiste Capron, directeur général de SeLoger : le DPE redéfinit profondément les équilibres du marché et joue un rôle essentiel pour éclairer les décisions des propriétaires comme des acheteurs.